Comprendre … pour bâtir la Paix.

PaixLes propos tenus par Mgr Jean-Pierre RICARD, Archevêque de Bordeaux lors de son Homélie de la messe pour la paix, à l’occasion des commémorations du 11 novembre 2013 en l’église Saint-Bruno à Bordeaux, trouvent un écho particulier dans le travail que nous accomplissons chaque jour avec le Think Tank «  Vivre Ensemble »  pour la Paix et la Réconciliation Nationale en Centrafrique.

 « … la paix résulte de la conjonction d’un certain nombre de facteurs :

1) Si les injustices sont facteurs de violence, à court, à moyen ou à long terme, il est évident alors que la lutte pour la justice est une condition indispensable de la paix : Pas de paix sans justice. « Justice et paix s’embrassent » dira la Bible.

2) Il y a aussi le respect de la personne humaine. Si les droits de l’homme, si les droits des peuples ne sont pas sauvegardés il ne faut pas s’étonner que jaillisse la violence.

3) La paix implique aussi la connaissance mutuelle, l’acceptation des différences, différences de race, de culture, de religion. Le dialogue entre les religions et le respect de la liberté religieuse me paraissent des facteurs décisifs pour l’instauration de la paix. La façon dont un état traite ses minorités est révélatrice de sa façon de promouvoir la paix. Nous en avons d’ailleurs un bon exemple dans la situation du Moyen Orient.

4) La paix implique également la guérison des blessures occasionnées par les conflits, tout un travail de réconciliation et de purification des mémoires. Il faut voir le formidable travail fait au lendemain de la seconde guerre mondiale par des pionniers de la construction de l’Europe, comme Konrad Adenauer, Robert Schuman, Alcide de Gaspéri et Jean Monnet pour réconcilier la France et l’Allemagne et pour sortir ces deux pays d’une spirale d’antagonisme de près d’un siècle. Soulignons aussi en ce domaine  l’importance capitale de l’éducation. Dernièrement, le cardinal Tauran, président à Rome du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, m’alertait sur l’importance des manuels scolaires et de l’influence du discours qu’ils développent sur l’autre, sur le pays de l’autre, sur la religion de l’autre…en particulier dans le conflit israélien et palestinien. Le Concile Vatican II déclarait à ce propos : « Il… est inutile de chercher à faire la paix tant que les sentiments d’hostilité, de mépris et de défiance, tant que les haines raciales et les partis pris idéologiques divisent les hommes et les opposent. D’où l’urgence et l’extrême nécessité d’un renouveau dans la formation des mentalités et d’un changement de ton dans l’opinion publique. Que ceux qui se consacrent à une œuvre d’éducation, en particulier auprès des jeunes, ou qui forment l’opinion publique, considèrent comme leur plus grave devoir celui d’inculquer à tous les esprits de nouveaux sentiments générateurs de paix. » (Gaudium et Spes n° 82, 3)

Il revient à tous ceux qui ont des responsabilités dans l’ordre politique, militaire, social, éducatif, médiatique et religieux de promouvoir ce lent travail d’édification de la paix ou, dans certains cas, de défense de la paix… »

Les hommes et les femmes qui m’accompagnent depuis de longs mois dans le Think Tank « Vivre Ensemble » sur le difficile chemin de la Paix et de la Réconciliation Nationale, partagent les mêmes exigences de dialogue, de justice, de liberté confessionnelle, d’écoute de l’autre … au cœur d’une même Nation.

Qu’ils en soient tous et toutes remerciés.

LISTE DES MEMBRES FONDATEURS DU THINK TANK