Nouvel Appel de Rome au peuple Centrafricain: une démarche inopportune

Des politiques centrafricains invités par la communauté Sant’Egidio, ont signé le 28 février 2015 à Rome (Italie), un document « Appel de Rome au peuple centrafricain et à la communauté internationale ».

Les signataires (quatre anciens Premiers ministres, Martin Ziguélé, Nicolas Tiangaye, Anicet George Dologuélé, Enoch Dérant-Lakoué, Léa Koyassoum-Doumta vice-présidente du CNT et Béatrice Epaye présidente du comité d’organisation du Forum de Bangui) ont pris l’engagement notamment « …d’apporter leur contribution à la restructuration des forces de défense et de sécurité intérieure de la Centrafrique, notamment les Forces armées centrafricaines, la gendarmerie nationale et la police centrafricaine. Ils se sont aussi engagés à œuvrer pour la libre circulation des biens et des personnes sur l’ensemble du territoire national… »

L’Histoire utilise parfois des raccourcis qu’il n’est pas inutile d’analyser ici. De quoi s’agit-il ?

J’ai initié un premier appel pour la paix et la réconciliation nationale en République Centrafricaine, signé à Rome le 10 septembre 2013, au siège de la Communauté Sant’Egidio, document que j’ai signé dans le cadre de mes attributions ministérielles,  et qui a été par ailleurs paraphé par des représentants du parlement provisoire, de la société civile et des différentes confessions religieuses.

C’est sur la base de ce document que le Pacte Républicain a été signé le 7 Novembre 2013 par le Président du CNT Alexandre Ferdinand N’GUENDET , le Premier Ministre Nicolas TIANGAYE et le Président de la République, Chef de l’Etat de la transition Michel DJOTODIA .

Enfin et pour être complet, c’est ce Pacte Républicain qui a été reconnu au titre de la résolution n°2027 de l’ONU du 5 décembre 2013 comme une piste crédible dans le cadre du processus de réconciliation nationale.

Ainsi, et même si toute initiative concourant à une paix durable doit être encouragée et soutenue, je me dois de rappeler la nécessité d’appliquer et de faire respecter les engagements déjà pris plutôt que de faire prospérer des alliances de circonstances.

En ce qui concerne la communauté Sant’Egidio pour laquelle j’ai le plus grand respect, elle doit travailler avec le gouvernement Centrafricain et non en parallèle.

Je dois également lui rappeler les accords que nous avons pris ensemble alors que j’étais Ministre d’Etat, au titre desquels elle s’est notamment engagée à former des médiateurs de la paix et de la réconciliation nationale, aider à la mise en place de comités locaux, favoriser la prise en charge des victimes, accompagner la reconstruction de l’Etat Civil,… Autant de perspectives qui aujourd’hui – hélas - ne sont toujours pas une réalité.