Forum National de Bangui : discours de clôture et déclaration du Quai d’Orsay à Paris

Alors que le Forum National de Bangui vient de se terminer, il est intéressant de mettre en perspective le discours de clôture de Madame Catherine Samba-Panza, Chef de l’Etat de la Transition et la déclaration du Ministère des Affaires Etrangères à Paris.

Discours prononcé à la cérémonie de clôture du Forum national de Bangui, le 11 mai 2015, à l’Hémicycle du Conseil national de Transition. Par Madame Catherine Samba-Panza Chef de l’Etat de la Transition.

Monsieur le Ministre d’Etat, Directeur de Cabinet à la Présidence de la République du Congo, Représentant Son Excellence Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République du Congo, Médiateur International dans la Crise Centrafricaine ;

Monsieur le Vice-président de l’Assemblée Nationale de la Guinée Equatoriale, Représentant personnel de Son Excellence Théodoro OBIANG NGUEMA MBASSOGO, Président de la République de Guinée Equatoriale, Président en exercice de la CEMAC ;

Monsieur le Ministre d’Etat aux Affaires Etrangères de la République d’Angola, Représentant de Son Excellence Edouardo Dos Santos, Président en exercice de la CIRGL, Mesdames et Messieurs les Représentants des Chefs d’Etat et de Gouvernement ;

Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies;

Monsieur le Représentant du Secrétaire Général de la Communauté Economique des États de l’Afrique Centrale ;

Madame la Représentante de la Présidente de la Commission de l’Union Africaine ;

Madame la Représentante du Secrétaire Exécutif de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs ;

Monsieur le Représentant du Groupe G7 plus de la République du Timor Leste;

Monsieur le Représentant du Centre pour le Dialogue Humanitaire,

Monsieur le Président de la Commission de la CEMAC,

Monsieur le Représentant de l’Organisation Internationale de la Francophonie;

Monsieur le Représentant Spécial de l’Organisation de la Coopération Islamique ;

Monsieur le Chef de la Délégation Egyptienne, Monsieur le Président du Conseil National de Transition ;

Monsieur le Premier Ministre, Chef du gouvernement de Transition ;

Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle de Transition ;

Messieurs les Président des Institutions Républicaines;

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement de Transition;

Mesdames et Messieurs les Chefs de Délégations et Représentants des Institutions Internationales ;

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Mission diplomatiques et Postes Consulaires;

Distingués Invités; Mesdames, Messieurs, A toutes les éminentes personnalités ici réunies et particulièrement à celles qui nous ont rejoints après la cérémonie d’ouverture de ce forum, je leur souhaite, au nom des Délégués au Forum National de Bangui, du peuple Centrafricain tout entier et en mon nom propre une cordiale bienvenue à la cérémonie qui marque la fin d’un rendez-vous historique pour mon pays.

Distinguées Personnalités,

Leurs Majestés les Sultans, Chefs traditionnels et coutumiers de la RCA,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Partis Politiques, des Syndicats et des Associations,

Monsieur le Président du Présidium du Forum de Bangui,

Mesdames et Messieurs les Membres du Présidium du Forum National de Bangui,

Mesdames et Messieurs les délégués au Forum National de Bangui, Centrafricains, Centrafricaines, Mes Chers compatriotes, Le Forum National de Bangui a été qualifié par tous comme une rencontre de la dernière chance pour le Peuple Centrafricain. Et cette dernière chance, nous l’avons saisie pour parler, pour nous parler franchement, fraternellement, et pour lancer un cri de cœur à tous les Centrafricains de l’intérieur et de l’extérieur afin qu’ensemble, nous puissions briser le cycle des conflits à répétition dans lequel nous sommes enfermés depuis plus de deux décennies. Comme tous les Centrafricains, j’ai suivi de bout en bout le déroulement des travaux de ce forum. Le ton des débats était parfois pathétique, voire passionné. Cela traduisait les souffrances longtemps endurées et intériorisées. Malgré tout, les délégués ont su transcender les pesanteurs subjectives pour se livrer à une analyse lucide des causes de notre souffrance et proposer des solutions adéquates. La cérémonie d’aujourd’hui marque la fin des travaux de ce qui aura été un forum véritablement national et inclusif, tenu en terre centrafricaine, comme souhaité par les fils et les filles de Centrafrique. En effet, le ForumNational de Bangui n’a pas seulement réuni environs 800 Délégués dans l’hémicycle du Palais du Conseil National de Transition, mais toute la population centrafricaine y a participé. La population suivait la retransmission des débats à la radio sur presque toute l’étendue du territoire. Ainsi, beaucoup d’auditeurs prenaient part indirectement aux débats, allant de leurs commentaires dans les quartiers mais aussi en confiant des messages aux Délégués pour les commissions et les plénières. Nous avions annoncé, à l’ouverture de ce rendez-vous national, un dialogue sans exclusive. La promesse d’un dialogue sans exclusive a incontestablement été tenue. Mais pour des raisons évidentes, certains compatriotes n’ont pas pu concrétiser leur désir de participer aux assises. Nous regrettons les cas marginaux de boycott de ce rendez-vous national qui ne peuvent lui enlever son caractère inclusif attesté par la présence effective de toutes les entités représentatives des composantes de notre société. Pendant huit jours, le pays a vécu au rythme du Forum National de Bangui. Une semaine au cours de laquelle les barrières ont commencé à tomber entre les Centrafricains du Nord, du Sud, de l’Est, de l’Ouest et du Centre. Une semaine qui a enregistré le pardon des uns et des autres. Et le pardon dans ce contexte devrait être compris comme un véritable désarmement du cœur et de l’esprit. Mais le pardon signifie surtout la rupture avec un passé humiliant. Car la rétrospective de notre propre histoire donne de nous une image honteuse faite de violences aveugles, de pillages, de destructions et d’assassinats. C’est pourquoi la signature de l’accord historique intervenu hier entre le Gouvernement et les groupes armés a sonné comme un signal fort de la volonté de toute la société Centrafricaine de tourner le page sombre de notre histoire. Je salue chaleureusement cette volonté des groupes armés d’aller résolument vers la paix et d’abréger ainsi les souffrances des populations de ce pays. Je les encourage à ne pas rester seulement au niveau d’une simple signature de façade mais de respecter leur engagement à contribuer au retour définitif de la sécurité et de la paix sur toute l’étendue du territoire national. Au cours de nos débats, si nous avions parfois accusé le monde extérieur d’avoir contribué à nos malheurs, nous avons également fait notre autocritique sans complaisance et en toute responsabilité, en reconnaissant que nous sommes nos vrais fossoyeurs. Il est donc permis de rêver que le Forum National de Bangui marque le début d’une mutation profonde de la société centrafricaine. Les Centrafricains ont démontré qu’ils veulent désormais être les acteurs de leur propre histoire. L’espoir est en train de renaître. Il s’est manifesté au cours de ce forum par l’aspiration légitime des Centrafricains à la paix, à la sécurité, à la justice, à la liberté et au développement humain durable. Mais l’esprit du Forum National de Bangui doit survivre à l’événement et continuer à unir les Centrafricains qui aiment leur pays. Je m’étais engagée dans mon discours d’ouverture de ce forum à en faire respecter toutes les conclusions. C’est le moment de réaffirmer cet engagement que je traduirai en acte à travers le mécanisme de Suivi des recommandations du Forum National de Bangui afin que l’espoir né du Forum gagne progressivement les cœurs et redonne aux Centrafricains des raisons d’espérer à des lendemains meilleurs. Mais les vraies locomotives du changement inspiré de ce forum sont les Institutions de la Transition et celles qui seront issues des urnes. Il revient prioritairement à ces institutions dont c’est la responsabilité, d’impulser ce changement tant attendu que la structure de suivi ne viendra qu’évaluer. Dès lors, nous devons tous nous mettre immédiatement au travail. Car le consensus au niveau des idées doit se traduire concrètement par une active synergie. Nous sommes condamnés à réussir. Pour cela, nous devons nous armer de courage et de détermination pour bâtir enfin un Centrafrique nouveau, démocratique et prospère. Il est régulièrement revenu dans toutes vos analyses des problèmes de notre pays que la cause de notre retard était «le manque de volonté politique». De mon point de vue, le remède au manque de volonté politique est peut-être «le courage politique». L’application des recommandations du Forum National de Bangui nécessitera sans doute un certain courage politique. Car, les difficultés ne seront pas toutes surmontées comme par enchantement. Mais nous ne devons pas reculer. Les prochaines échéances électorales ne doivent pas nous faire oublier la substance du Forum National de Bangui. Mais pour qu’advienne un Centrafrique nouveau, cultivons chaque jour les valeurs que nous lègue aujourd’hui le Forum National de Bangui. Le monde entier nous observe après le pas que nous venons de franchir sur la voie de la paix.

Excellences Messieurs les Représentants des Chefs d’Etat, Distingués Invités, Vous êtes aujourd’hui témoins de l’engagement solennel du peuple centrafricain à enterrer définitivement la hache de guerre, à consolider la réconciliation nationale et à se mettre résolument sur la voie d’une démocratie apaisée et de la relance économique. Je tiens à remercier tous nos visiteurs et tous ceux qui ont bien voulu envoyer un message d’encouragement au peuple centrafricain pour l’inciter à ne plus jamais réveiller les vieux démons. Cette grande fête du pardon et de la réconciliation nationale en République Centrafricaine s’affichera cette fois-ci de manière indélébile dans la conscience collective et individuelle des centrafricains. Au même titre que la réconciliation intervenue entre les anciens compagnons du Président Fondateur Barthélémy BOGANDA, le feu Président David DACKO et le feu Professeur Abel GOUMBA lors du Dialogue National en 2003, après plus de 40 ans de brouille. Et par le plus grand hasard, la date de la fin du forum, c’est-à-dire le 11 mai 2015, coïncide avec le sixième anniversaire de la mort du Professeur Abel GOUMBA, décédé le 11 mai 2009. Paix à son âme.

Distingués personnalités, Chers Compatriotes, La tenue effective du Forum National de Bangui prouve que le Gouvernement et moi-même sommes déterminés à réaliser les engagements que nous avions pris devant la nation, devant nos partenaires internationaux et devant l’histoire, celui de permettre aux centrafricaines et centrafricains de se retrouver et de dialoguer, de rétablir la sécurité et une paix véritable dans les cœurs et dans les esprits.

Monsieur le Président du Forum National de Bangui, Mesdames et Messieurs les Membres du Présidium du Forum National de Bangui, Mesdames et Messieurs les délégués au Forum National de Bangui, Nous avons tous suivi à la radio et à la télévision, le travail colossal que vous avez effectué, le diagnostic que vous avez posé et les solutions que vous avez proposées. Je vous adresse toutes mes vives et chaleureuses félicitations. Dans les diverses Commissions, vous avez recueilli les pardons réciproques notamment des acteurs de la vie politique de notre pays ainsi que les témoignages parfois poignants des victimes ou de leurs proches. Vous avez relevé avec perspicacité que les crises multiformes qui affectent la République Centrafricaine depuis plus d’une décennie ont fortement fragilisé son capital social. Les conditions de vie des populations se sont profondément altérées et le pouvoir d’achat s’est considérablement érodé. Malheureusement, les capacités de réponse des gouvernants sont restées très limitées. Vous avez défini les grandes orientations économiques, sociales et culturelles qui devraient désormais régir la conduite des affaires de l’Etat. Vos réflexions ont également porté sur les problèmes de gouvernance et de développement, avec un accent particulier sur les questions d’ordre politique et institutionnel, notamment le retour à l’ordre constitutionnel. Vous avez tous condamné l’impunité et plaidé pour une justice juste, sans haine et qui panse les plaies des victimes. Vous avez proposé de nombreuses recommandations que vous avez considérées comme étant de nature à apporter des solutions durables aux maux qui gangrènent notre cher pays. Je voudrais adresser mes très sincères félicitations à l’ensemble des participants au forum qui ont fait montre de responsabilité et de patriotisme, garantissant ainsi, une issue heureuse à cette agora que le peuple centrafricain appelait de tous ses vœux. Il est indéniable que la tenue du Forum National de Bangui marque une étape fondamentale dans la réussite de la Transition. Cette transition, nous la voulons tous, harmonieuse, paisible pour permettre donc le retour de notre pays à la démocratie et notamment aux choix des dirigeants de ce pays à travers des élections libres et transparentes. Le retour à la liberté constitutionnelle réelle, par le biais d’élections crédibles, dans les délais convenables a été l’une des recommandations fortes du Forum National de Bangui. A l’instar du peuple centrafricain, mon désir le plus fort est de voir ces élections se dérouler d’ici la fin de l’année 2015, comme recommandé par le Forum. Nous devons tous en avoir la volonté réelle. Nous devons manifester notre détermination à respecter cette échéance en nous mettant au travail au sortir de ce forum, Institutions de transitions, Autorité Nationale des élections et Communauté Internationale. Ce retour à la démocratie que nous appelons de tous nos vœux consolidera la paix dans notre pays.

Mesdames et Messieurs les délégués au Forum National de Bangui, Je reviens encore sur la recommandation relative à la création d’un mécanisme de Suivi du Forum National de Bangui. Comme vous l’avez vous-mêmes relevé fort pertinemment dans vos diverses interventions, nous avons tenu plusieurs rencontres dans le passé ; malheureusement, les recommandations et résolutions de ces forum n’ont été que partiellement appliquées par les autorités politiques, ceci malgré la mise en place des organes de suivi. C’est dire qu’il ne suffit pas de prendre de bonnes résolutions et recommandations, et de mettre sur pied des organes chargés de suivi de leur exécution, pour que les graves problèmes qui se posent à notre pays soient résolus comme par enchantement. Encore faut-il que nous y mettions de la sincérité et de l’ardeur au travail. Si nous ne le faisons pas, nos frères qui se sont donnés tant de mal pour nous aider depuis tant d’années, risqueraient à la longue d’être lassés voire fatigués de nos turpitudes s’ils ne le sont pas déjà. Pour ma part, j’aimerais encore vous rassurer. Si j’ai tenu à organiser un dialogue inter centrafricain, c’est que j’ai jugé cette Assise nécessaire. Je m’emploierai à ce que les recommandations issues du Forum National de Bangui puissent être traduites dans les faits! Ayant été moi-même à la tête d’une structure de suivi au plan national, je m’emploierai à éviter au mécanisme de suivi de notre forum, les écueils des précédents comités de suivi. Cependant, il va également de soi que la traduction de ces actes dans les faits se fera sous les formes appropriées, prévues par les lois de la République. Plusieurs recommandations ne nécessitent pas de moyens financiers ou n’ont pas d’impacts financiers importants. Elles seront mises en œuvre en priorité. La réalisation des recommandations qui nécessitent des moyens financiers sera essentiellement fonction de nos moyens. Le Comité de Suivi des Actes du Forum National de Bangui qui sera mis en place contrôlera leur exécution et m’en rendra régulièrement compte. Bien entendu, ce Comité devra être élargi à d’autres entités, notamment à nos partenaires africains et internationaux, ainsi qu’aux opérateurs économiques sans lesquels notre économie ne peut se relever.

Chers délégués au Forum National de Bangui, Désormais, vous avez une mission d’explication et de sensibilisation auprès de tous nos compatriotes, où qu’ils se trouvent. En nous dotant d’une démocratie apaisée et dynamique, en nous mettant résolument au travail, la Communauté Internationale nous accompagnera et soutiendra nos efforts avec empressement. Ainsi, Gouvernement, Conseil National de Transition, Société Civile, Forces de Défense et de Sécurité, Partis Politiques, Syndicats, jeunesse, femmes, hommes et moi-même, tous ensemble, chacun en fonction de ses capacités devrait prendre sa part de responsabilité pour la réussite de cette transition, mais surtout pour poser les socles, solides d’une République nouvelle. Pour ma part, je suis profondément convaincue que cette fois-ci le changement est à notre portée de main et qu’il nous appartient de prendre enfin un bon départ. Je suis humblement convaincue que nous saurons conduire le navire Centrafrique au port de la transition sans chavirer à l’arrivée.

Distinguées Personnalités, Mesdames et Messieurs, Permettez-moi encore une fois d’exprimer ma profonde reconnaissance au Président Denis SASSOU NGUESSO, en sa double qualité de Président de la République frère du Congo et Médiateur International dans la crise centrafricaine pour l’intérêt particulier qu’il a porté à la résolution de la crise centrafricaine. Que les représentants des Chefs d’Etat présents à cette cérémonie de clôture soient mes fidèles interprètes auprès de mes pairs de la sous-région pour leur traduire mes sentiments de gratitude. Cette gratitude va en particulier à l’endroit de leurs Excellences Obiang Nguema MBasogo, Président en exercice de la CEMAC, Edouardo Dos Santos, Président de la République d’Angola, Président en exercice de la CIRGL. Mais, comment pourrais-je ne pas remercier la communauté internationale à qui je demande de continuer d’accompagner les autorités de la Transition et le peuple centrafricain dans leur volonté de se réconcilier, de refonder leur Etat-Nation et de reconstruire leur pays ? A cet effet, je tiens encore à témoigner ma profonde reconnaissance et celle du peuple centrafricain tout entier aux Nations Unies, à l’Union Européenne, à l’Union Africaine et à la CEEAC sans oublier toutes les Institutions et pays amis et frères dont l’action efficace au sein du G8 RCA continuera d’accompagner le processus de la transition. Je ne saurais terminer mes propos sans remercier du fond du cœur les membres du Présidium du Forum de Bangui pour leur abnégation à toute épreuve. Ces remerciements vont tout particulièrement à l’endroit du Vice Médiateur dans la crise centrafricaine, Président du Présidium du Forum, le Professeur Abdoulaye BATHILY. Monsieur le Président, grâce à la culture de la tolérance et de la rigueur qui a façonné votre itinéraire intellectuel, à votre longue expérience de la lutte politique et par-dessus tout à votre humilité et votre sagesse, vous avez su mettre à profit vos talents de meneur de foule, de débatteur infatigable et de négociateur impénitent au service de la recherche des compromis dynamiques qui ont évité à ce forum les impasses. Vos grandes capacités de médiation par votre écoute, votre connaissance des acteurs et des enjeux de la crise centrafricaine, votre grande patience et votre volonté inébranlable de pousser coûte que coûte vos frères Centrafricains vers la sortie définitive de crise ont forcé notre admiration et notre respect. Vous avez été le véritable artisan de la réussite de ce forum et les Centrafricains vous en seront éternellement reconnaissants. Pour ce qui me concerne personnellement, je vous dis simplement merci et merci de tout cœur.

Distinguées personnalités, Chers compatriotes, Je souhaite un bon retour à nos illustres invités et à nos compatriotes venus des provinces, des pays voisins et frères, ceux de la diaspora d’Afrique, d’Europe et des Etats Unis. Pour ce qui est de mes compatriotes, je leur demande de ne pas oublier de répandre l’esprit du forum autour d’eux pour qu’il s’enracine partout où il y a des Centrafricains. C’est aussi l’occasion de solliciter de leur part la plus grande indulgence pour les insuffisances qu’ils ont été amenés à constater dans l’organisation matérielle des conditions de leur séjour parmi nous. Je ne doute pas qu’ils ont compris nos difficultés du moment et qu’ils ne nous tiendrons pas rigueur. Pour finir, je ne saurais clore ces assises sans obtenir des acclamations nourries. Je sollicite de l’assistance les acclamations suivantes :

A la Commission Préparatoire du Forum National de Bangui, Au Comité Technique d’organisation et aux commissions techniques du forum,

Au Président du CNT qui nous a laissé à disposition le Palais du CNT,

Au Premier Ministre et au Gouvernement pour avoir piloté ce processus de dialogue depuis Brazzaville,

Aux délégués au forum pour le travail abattu au cours de ces assises,

Aux groupes armés qui ont accepté de renoncer aux armes,

A nos Forces de Défense et de Sécurité Intérieures pour le travail de sécurisation de notre pays,

Aux Forces Internationales pour leur soutien aux efforts de sécurisation du pays,

Aux Partis Politiques pour leur contribution à l’apaisement de la Transition,

A la Société Civile, aux enfants, aux jeunes et aux femmes de Centrafrique pour leur capacité de relèvement après ces multiples crises,

Aux sultans, aux chefs traditionnels et aux notables dont le rôle dans la pacification du pays est primordial, Aux diverses confessions religieuses pour les actions menées en vue du désarmement des cœurs et des esprits,

Au peuple centrafricain tout entier pour tous les sacrifices endurés,

Mes chers compatriotes, Que la Paix de Dieu nous habite désormais, Que la graine de la réconciliation véritable que le forum vient de planter germe dans nos cœurs, Pour que Vive la République Centrafricaine! Vive la solidarité internationale au service de la paix dans le monde. Sur ce, je déclare clos les assises du Forum National de Bangui Je vous remercie pour votre aimable attention.

Déclaration du Ministère des Affaires Etrangères – Quai d’Orsay (Paris)

République centrafricaine – Clôture du forum national de Bangui (12 mai 2015)

La France salue le succès du forum de Bangui, qui s’est déroulé du 4 au 11 mai et a permis aux Centrafricains, dans leur diversité, d’exprimer leurs attentes et de jeter les bases de la réconciliation nationale. La France forme le voeu que ses conclusions contribueront à la sortie de crise, après les grandes épreuves qu’a traversées la Centrafrique. Des compromis ont pu être dégagés autour des questions de paix et de sécurité, de justice et de réconciliation, de gouvernance et de reconstruction économique. Nous appelons à la mise en oeuvre rapide de l’accord conclu par la quasi-totalité des groupes armés en vue du désarmement et de la démobilisation des combattants. La France invite les autorités de transition et tous les acteurs politiques centrafricains à se mobiliser, avec l’appui des Nations unies et de la communauté internationale, pour l’organisation dans les meilleurs délais en 2015 des élections présidentielles et législatives qui marqueront la fin de la transition et doteront le pays d’institutions chargées de poursuivre la réconciliation nationale et la reconstruction.

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