DDR-RSS: Centrafrique, pays de paradoxes …

En lieu et place des journalistes accrédités et des journaux sérieux ce sont « les facebookers » qui font l’opinion avec leurs  doses  systématiques d’insultes, de rumeurs infondées, de contrevérités, de mises en cause souvent diffamatoires. Le résultat est connu: un niveau faible voire quasi nul du débat  sur les sujets fondamentaux – comme les principes et les valeurs de nature à opérer sans tarder le redressement de la Nation – qui devraient occuper en priorité le débat public.

Prenons un exemple. Aujourd’hui, on exige la levée de l’embargo sur les armes afin de permettre au Gouvernement d’assurer l’intégrité du territoire et la sécurité des biens et des personnes. C’est quand même le minimum qu’un peuple peut exiger de ses gouvernants dans un État de Droit. Mais c’est également un sujet de controverse à propos duquel tout et son contraire a été dit et écrit, de toute évidence par des spécialistes autoproclamés et grands marabouts de la diffamation, comme la Centrafrique sait parfois en enfanter.

Levée de l’embargo suivi immédiatement par l’achat et la fourniture d’armements et d’équipements pour nos forces armées, les revendications sont assurément légitimes et fort compréhensibles même pour un non spécialiste… Tant il est vrai qu’il ne peut y avoir de développement économique sans sécurité du territoire et des populations qui y vivent. Bien entendu sous le contrôle de l’État qui doit être en mesure d’assurer ses fonctions Régaliennes.

Mais réalisme et responsabilité doivent guider les choix de nos gouvernants à ce moment crucial de l’histoire de notre Nation. Enclencher une telle démarche alors même que la refondation – restructuration de notre armée nationale – outil incontournable de souveraineté –  est à peine engagée peut être extrêmement périlleux.

Au final, qui va être bénéficiaire de ce réarmement si le processus du RSS n’est pas dans une phase de déploiement effectif et durable ?

Aujourd’hui, les experts – militaires comme politiques – les plus sérieux et crédibles estiment qu’il faut une durée moyenne de 4 années pour organiser, former et déployer une armée nationale efficace et disciplinée, au service d’un Gouvernement légitime.

Ainsi, sans moyens financiers propres et dans un état de dépendance exclusif à l’égard de la communauté internationale, engager de front le Plan National de Sécurité et le redéploiement économique conduit de toute évidence à un chantier titanesque et à faire un choix cornélien pour le Gouvernement…

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