Bangui la sanglante …

BANGUI-LNCAyant eu en charge jusqu’en juin 2016  la bonne gouvernance et la restauration de l’autorité de l’Etat au cabinet du Premier Ministre, je me trouve intellectuellement et politiquement interpellé par l’insécurité et les nouvelles formes d’actions des voyous et criminels, tant à Bangui que dans l’ensemble de la Centrafrique.

A la multiplication des structures politico-militaires avec des états-majors qui recrutent sans cesse, se réorganisent sous l’œil impassible de ceux censés veiller à l’application et au respect de l’embargo sur les armes s’ajoute la montée en puissance des multiples groupes d’autodéfense. Les factions s’attribuent des zones d’influence. Elles font du commerce illicite, rackettent, pillent, violent, assassinent en toute impunité. Telle est notamment la réalité du troisième arrondissement de Bangui qui a conduit au carnage inter-milices il y a quelques jours à peine.

On vient de franchir une nouvelle étape dans l’horreur, signe de l’impuissance de l’Etat et du Ministre en charge de la Sécurité Publique. Quand le groupe d’autodéfense s’est mis en place dans le troisième arrondissement, personne ne s’en est inquiété en parallèle avec la montée en puissance en face des anti balles-AK (anti-balaka par analogie avec les kokaras…).

Dans le même temps, on ne cesse d’entendre dans tout le pays, les appels à la résistance nationale face à la duplicité de certains contingents de la Minusca et à l’incurie du Ministre de la Sécurité publique qui, par son incompétence, son amateurisme et son inaction, affaiblit le Président de la République, le Gouvernement et les institutions légalement constituées.

Que plusieurs factions de la bande d’autodéfense du troisième arrondissement agissent en lieu et place de la Gendarmerie et de la Police Nationale, commettent en toute impunité un carnage généralisé ne peut que questionner tous ceux qui – comme moi – n’aspirent qu’au retour d’un Etat de Droit, fort dans l’efficacité de ses Ministères régaliens (au rang desquels, bien entendu, on compte celui de la Sécurité Publique).

La première préoccupation de nos dirigeants devrait être l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie globale, crédible et réaliste, basée sur une analyse factuelle de la situation sécuritaire du pays,  avec une cartographie des acteurs, des moyens et des objectifs du Gouvernement. Nous pensons en premier lieu à une Loi anti terroriste, anti criminalité, anti blanchiment et luttant contre la cybercriminalité. Il faut également réadapter le code de la nationalité en insistant sur les devoirs des citoyens. En particulier, il faut absolument revoir les conditions d’octroi de la nationalité centrafricaine pour les étrangers et mieux gérer les flux migratoires. L’insécurité qui règne dans le pays n’a que trop duré. Les appels de telle ou telle faction à la sédition, à la vengeance sont contraires aux principes d’un Etat de droit. Ils détruisent la cohésion sociale et minent les initiatives en faveur de la Réconciliation Nationale.

Unis autour du Chef de l’Etat, j’invite tous mes compatriotes à faire preuve de retenue. Cette retenue sans laquelle aucune paix durable n’est possible ne saurait cependant occulter l’exigence de résultats rapides tant dans le domaine sécuritaire qu’économique.

Articles Connexes