Fin du dispositif militaire SANGARIS en Centrafrique … et maintenant ?

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Logo Opération SANGARIS  (MINDEF -FRANCE)

Le Président de la République Française François Hollande vient d’annoncer la fin de l’intervention militaire en Centrafrique. « En octobre prochain, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian se rendra en Centrafrique pour prononcer officiellement la fin de l’opération Sangaris», a déclaré le chef de l’Etat lors d’une réception au Ministère de la Défense.

Le retrait des Forces Françaises pose de manière cruciale la question de l’équilibre géostratégique de l’ensemble de la région d’Afrique Centrale, tant il est vrai que l’opération militaire Française SANGARIS a contribué depuis 2013 à la stabilisation de la Centrafrique (et même au delà) et à sa sécurisation.

L’armée Centrafricaine qui compterait environ 7500 hommes est aujourd’hui exsangue. Elle est très largement sous équipée et l’embargo sur les armes imposé en 2013 par les Nations Unies constitue un des principaux facteurs limitant son efficacité à assurer la protection des populations et la défense de l’intégrité du territoire national.

Le ministre de la Défense Centrafricain Joseph Yakété a fait état d’un « dialogue » avec les Nations unies pour lever l’embargo sur les armes afin de reconstruire une armée régulière en Centrafrique. Pour autant, il nous faut aujourd’hui reconsidérer de façon urgente la situation sécuritaire du pays. Il est illusoire dans les conditions actuelles d’imaginer opposer aux AK-47 (kalachnikov) et aux canons la simple bonne volonté de militaires sous équipés et mal formés. Il est urgent pour la sécurité du pays d’engager la reconstitution et le réarmement des forces armées dans la perspective du départ des troupes françaises et dans le même temps de s’atteler au programme du DDR. Les activités de DDR constituent un volet capital aussi bien pour la stabilisation immédiate du pays que pour son développement à plus long terme.

Ces activités de Désarmement-Démobilisation-Réintégration doivent être intégrées à l’ensemble du processus de réconciliation nationale. Elles encouragent les anciens combattants à devenir des participants actifs au processus de paix en :

  • récupérant les armes se trouvant entre leurs mains
  • retirant les combattants des structures militaires
  • intégrant les combattants à la société au niveau social et économique.

On le voit bien, il s’agit d’un chantier titanesque à la hauteur des enjeux sécuritaires et économiques de la Centrafrique. La paix durable est à ce prix. Il ne peut y avoir de développement économique pérenne en Centrafrique sans l’instauration d’une paix durable dont l’armée régulière est un des piliers.

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